Les réseaux sociaux t’engourdissent le cœur

  1. Okay, je suis la première coupable, je ne pointe personne du doigt, de toute façon je fais la même. Mon premier réflexe le matin : Whatsapp, Facebook, Instagram, pas toujours dans cet ordre d’ailleurs, mais t’as compris le truc.

Entre deux vidéos mignonnes, des memes infâmes, des articles aux sources douteuses, il y a les news, les vraies, celles où la violence du monde t’atteint alors que tu es encore sous ta couette… puis d’un coup de pouce, tu scrolles et c’est fini. La voix de ce père en pleurs qui vient d’enterrer pratiquement toute sa famille en Syrie, s’évanouit alors que d’un geste sec, tu continues de consommer ton fil d’actualité. D’un coup, d’un seul, il n’est plus là, son existence s’évapore de la tienne. Pouf.

applications smartphone
Le bonheur du scroll sans fin

Comme des millions d’autres, je suis abonnée à divers « pure players » du genre AJ+ dont le business model est de prendre l’actualité du moment sous forme de vidéos de quelques minutes max. Du facilement consommable pour les gens pressés (pressés par quoi, je vous le demande). AJ+ penche plutôt vers la gauche libérale avec des prises de positions tranchées sur les injustices de ce monde, le racisme, le sexisme, et tous les autres –ismes. Evidemment, leur but est la viralité et comment leur en vouloir ? Ça n’empêche…

A longueur de journée, je navigue de sujets sérieux en sujets sérieux, entre vidéos d’atrocités perpétrées dans des pays qui ne sont pas aussi loin que j’aimerais le penser. Pourtant, 30 secondes après avoir mis un visage triste ou en colère, je continue ma route pénard avec un « xptdr » sous un post d’une débilité profonde (c’est toujours tendance xptdr ?).

facebook like
Un like et c’est reparti

 

Est-ce que les réseaux sociaux sont en train d’achever ce que les chaînes de news en continu avaient commencé avec l’avènement de CNN et LCI ?

Non, mais je pose réellement la question…

C’est une remarque que je me fais tous les jours. Comment je peux passer d’un extrême à l’autre sans un battement de cœur plus haut que l’autre ? Est-ce que c’est ça la normalisation de la violence, au point de ne plus réagir du tout ? de ne plus s’émouvoir ? de ne même pas s’arrêter pour réfléchir deux minutes, ingurgiter, compatir ? Un visage triste et on passe à autre chose, ma contribution au monde.

Réagir oui, mais comment ? Tu me diras que je suis bien sympa de me plaindre dans un article qui ne changera pas la face du monde, chez moi, bien au frais pendant que d’autres souffrent et dans le pire des cas, meurent dans une indifférence quasi totale.

Bouger, c’est pas si compliqué, c’est aussi toutes les petites choses du quotidien, des efforts à son échelle. Certes, ça ne résout pas la famine, ça n’apportera pas la paix dans le monde, mais ça pourrait presque faire repartir nos vieilles pompes encrassées.

Si tu cherches une cause pour laquelle t’engager, voici une liste non exhaustive :