Dancehall : la musique des hommes fragiles

La dancehall et moi, c’est une histoire qui remonte à l’enfance. Tout a commencé lorsque le petit ami de l’une de mes tantes m’offrit une cassette étiquetée « Dub Music » que j’écoutai en boucle à l’aide de mon Walkman rose. Je n’apprendrai que bien plus tard qu’il s’agissait en réalité du « Duck Dance Riddim », mais sans même le savoir, j’étais déjà tombée amoureuse. Et la dancehall ne m’a plus jamais quittée.

Contrairement à mes copines du même âge, le zouk ne m’intéressait pas vraiment et il ne me pas fallu longtemps pour que la fameuse émission de Sun FM – Friday Night – ne devienne ma préférée. Plus tard, loin des  Antilles, je passai tout mon argent de poche au Virgin Megastore ou à Blue Moon Music de Paris. Puis il y eut Napster, Soulseek, Limewire, et tous les autres…

Mon frère et moi avions pris l’habitude de ramener au pays toutes les nouveautés une fois les grandes vacances venues et ce, avec près d’un an d’avance. Je n’oublierai jamais ce DJ qui avait refusé de passer le « Sampler 18 » suggéré par mon frère au seul prétexte qu’il n’en connaissait pas les morceaux. Nous avions d’ailleurs préféré finir la soirée à écouter nos propres CDs dans la voiture. L’année suivante, « Sampler 18 » était LA compilation que tout le monde s’arrachait et dont les morceaux passaient en boucle à la radio.

Grâce à internet, le décalage s’est réduit, la dancehall s’est popularisée… Il est toujours un peu compliqué de faire venir des artistes jamaïcains chez nous mais on ne voit plus de graffitis réclamant leur interdiction fleurir sur les murs de toutes les communes comme lors de la venue de Shabba Ranks en Martinique dans les années 90.

En ce qui me concerne, je suis revenue à la légalité en m’abonnant à un service de streaming et bien que mes goûts musicaux se soient beaucoup élargis depuis, j’en reviens toujours à mes premières amours laissant leurs basses lourdes résonner en moi.

S’il y a quelque chose m’a toujours différenciée de la majorité des dancehall addicts des Antilles françaises – du moins c’est l’impression que j’en ai – c’est que si je me suis laissée séduire par les beats, j’ai aussi toujours voulu en comprendre les paroles. Ça m’aura peut-être pris beaucoup de temps, mais j’ai réussi à acquérir une certaine connaissance du patois yardie relativement correcte. Maintenant que j’ai épousé un Jamaïcain, et que la plupart des paroles de chansons sont disponibles en quelques clics, c’est encore plus facile. Je crois avoir choqué un nombre incalculable de personnes en leur expliquant que « Heads high », le méga hit de Mr Vegas, était en fait une injonction aux femmes à ne pas pratiquer la fellation.

En y repensant, j’ai toujours trouvé très amusant de voir nos grands-mères se déhancher sur Spragga Benz parlant de son gland dans « Jack it up » ou sur Shabba Ranks chantant les louanges de sa mère parce qu’elle ne pratique pas la fellation dans « Dem bow » lors des séquences ragga de bon nombre de baptêmes, mariages et premières communions. Plein de sagesse, mon frère m’avait dit un jour que si les gens avaient la moindre idée de ce que ces chansons voulaient vraiment dire, ils ne les écouteraient pas. Et il n’avait pas tout à fait tort.

Il s’agirait de comprendre pourquoi les Jamaïcains, eux, créent ce genre de musique, et pourquoi nos îles, si proches géographiquement, diffèrent tant culturellement.

Faisant appel à un brin de méthodologie, j’ai décidé de creuser un peu la question. En m’appuyant sur un corpus de chansons connues, j’ai dégagé cinq catégories de thèmes les plus populaires afin de déterminer comment ces derniers sont perçus sur la scène musicale franco-caribéenne et ce qu’il peut y avoir de problématique.

L’incontournable ganja

« Gimme the light », Sean Paul
« Mary Jane », Collie Budz
« Weed is my best friend », Popcaan
« Highest grade », Capleton
« Sen on », Vybz Kartel

Le lien entre dancehall et rastafarisme est clair et sans équivoque. C’est certainement le thème le moins problématique des cinq. Il est récurrent mais bien moins controversé depuis que la Jamaïque a décriminalisé la possession de cannabis en 2015. J’aurais pu associer ce thème à l’un des quatre autres mais au vu du nombre de chansons qui lui sont dédiées, la ganja méritait d’avoir sa propre catégorie.

Faire danser les foules

« Granny », General Degree
« Summer slap weh », RDX
« Drink N Merry », Agent Sasco
« Wine and jiggle », I Octane
« Pon di river, pon di bank », Elephant Man
« Summer deh yah », Alkaline
« Imagine », Kiprich
« Somebody just poop », Goofy
« Tom Drunk », Future Fambo
« Nice nuh bomboclaat », Demarco

Ces hymnes à la fête et à l’amusement rappellent simplement pourquoi ce style s’appelle dancehall : c’est de la musique sur laquelle on danse. Volontairement légères, ces chansons célèbrent la danse et sont une ode à l’imagination de danseurs constamment à la recherche de nouveaux pas. D’autres sont des hymnes à la boisson ou simplement un hommage à une ville. Il n’y a rien de vraiment dérangeant dans ces chansons, peut-être à l’exception d’occasionnels jurons ou des vidéos débordant de jeunes femmes à demi-nues et se contorsionnant dans des positions lascives. Mais pas d’hypocrisie, c’est aussi – et surtout – une excuse pour nous exprimer sur le dancefloor, sans jugement.

Seul Jah peut me juger ?

« God alone », Merciless ft. Little Hero & Action Fire
« No other like Jah », Sizzla
« Til’ I’m laid to rest », Buju Banton
« Cease the violence », Mr Easy
« Based on a true story », Turbulence
« Nothing to smile about », Morgan Heritage
« The system », Popcaan

Ces chansons racontent le quotidien des Jamaïcains avec peut-être une tendance à exagérer les difficultés, la pauvreté et la violence. Non pas que ce ne soit pas la vérité, mais certains artistes portent leur condition presque comme un insigne d’honneur.

L’exemple le plus flagrant serait l’incessante rivalité entre Movado et Vybz Kartel – les représentants les plus connus de Gully Side et de Gaza League – une rivalité qui dure depuis plus de 15 ans. Comment les deux hommes en sont arrivés là ? Petit topo.

Gaza fait référence à la bande de Gaza en Palestine, une façon de revendiquer son appartenance à un vrai ghetto, où la vie est dure, la violence sans fin. De l’autre côté, « Gully » peut se traduire par « égouts ». Toute explication supplémentaire serait superflue. Bref, les deux camps ne manquent pas d’arguments afin de comparer une souffrance réelle ou supposée – qui souffre le plus, qui a dû se battre le plus afin de réussir et est donc le plus légitime, etc. sous couvert d’affirmer sa supériorité, de conforter une certaine vision de la masculinité dont chacun se targue d’être le meilleur représentant.

Ces histoires me semblent particulièrement exagérées. Certes, Vybz Kartel a bien été emprisonné pour meurtre, mais peut-on vraiment considérer le cas du chanteur comme représentatif de l’ensemble de la communauté ? La réponse n’est sans doute pas si simple, mais le message véhiculé n’en reste pas moins dévastateur : la valeur d’un homme ne se mesurerait qu’aux combats qu’il aurait eu à mener. La faiblesse, elle, n’est pas une option sous peine de se faire dévorer ou d’être voué à l’autodestruction. Delus, le frère de Konshens, aurait-il mis fin à ses jours s’il avait pu évoluer dans un climat plus clément et inclusif ? Nous ne le saurons jamais.

L’amour fait tourner le monde

« Tell me », Jahmiel x Shenseea
« Tears on my pillow », Sanchez
« No letting go », Wayne Wonder
« Oh Carolina », Shaggy
« Dem nuh worry we », Supercat & Heavy D
« Ride di punani », Bagga Worries
« Siddung », Konshens & Darrio
« Pon di cocky », Aidonia
« Pussy mechanic », Tommy Lee
« Things take time », Alkaline

Quand on pense à la dancehall, ce ne sont pas les chansons d’amour qui nous viennent en tête les premières. Pourtant il en existe énormément dignes de ce nom dans ce registre… ce qui n’en fait pas pour autant un thème particulièrement populaire quand il est question d’aborder les relation hommes-femmes. La vaste majorité parle de sexe mais surtout, elles ne font pas dans la dentelle. Et comme évoqué plus avant, cela échappe complètement à de nombreux auditeurs francophones.

Lors de vacances avec mon jeune fils au pays, j’ai fait l’expérience déplaisante d’une programmation radio assez peu regardante quant à la qualité du contenu diffusé. Le lecteur attentif aura aura compris que mon fils est à moitié jamaïcain et principalement anglophone. En conséquence, je fais toujours très attention aux morceaux joués en sa présence. Imaginez ma frustration de devoir subir chanson après chanson, des paroles toujours plus abjectes à une heure de grande écoute sans aucun moyen de changer de station…

Il faut savoir qu’en Jamaïque il est interdit de diffuser des jurons en public. Certains artistes, comme Alozade pour ne citer que lui, ont écopé de peines de prison fermes pour avoir enfreint ces lois. C’est pourquoi la plupart des chansons explicites existent en deux versions :

  • la raw version, la version crue et non-censurée,
  • la radio version :
    • les mots interdits sont censurés
    • les paroles qui posent problème sont remplacées par des synonymes moins problématiques ; par exemple « Hot fuk » de Mr Vegas qui devient « Hot wuk »
    • les paroles sont carrément changées mais correspondent au rythme de la chanson originale

Dans ce registre, les DJs ont des sujets de prédilection. D’abord, il y a les gallis tunes. Le gallis est un coureur de jupons qui, marié ou non, a plusieurs maîtresses et un nombre incalculable de conquêtes alors que le papillonnage n’est en revanche pas encouragé chez les femmes qui se doivent de rester fidèles même à un homme qui les trompent. Pensez CéCile avec « When you’re gone ».

Et puis, il y a ces chansons où les DJs se vantent de prouesses sexuelles hors du commun, allant jusqu’à décrire des actes carrément impossibles. Chris Martin se vante de pouvoir enchaîner 30 sessions d’affilée ou plus dans son tube « Lasting prayer », où il prie Dieu de lui permettre de réussir à satisfaire sa partenaire au moins 10 fois dans la même nuit.

De nombreuses chansons évoquent des femmes aux vagins si étroits qu’ils peuvent laisser des bleus, déchiqueter des préservatifs, ou même fracturer le pénis de leur partenaire. Dans « Dangerous » ou encore « Close to death », Konshens et Liquid se félicitent que des femmes prennent le « risque » d’accepter leurs avances tant ils sont… experts en la matière… Qu’en déduire ? J’ai beau retourner ça dans tous les sens, je ne vois pas ce qu’il y a d’attrayant à l’idée de mourir d’une partie de jambes en l’air, mais ce n’est que mon avis.

La seule image que cela me renvoie est celle de jeunes puceaux tous plus inexpérimentés les uns que les autres, cherchant à épater la galerie et se racontant des histoires sur ce qu’ils pensent être le sexe. Mensonges, exagérations, on crée de vraies situations de danger sanitaire. Les médecins jamaïcains ont dû se résoudre à mettre la population en garde contre le daggering après une recrudescence affolante de fractures du pénis après que jeunes et moins jeunes se soient essayés à des actes non seulement incompatibles avec le plaisir sexuel, mais défiant également toute logique.

Autre sujet : le tabou autour des pratiques sexuelles orales. Jusqu’à « Which gyal » de Baby Cham, les fellations étaient considérées comme interdites. Il existe une liste impressionnante de chansons à ce sujet. Mais depuis, les langues ont commencé à se délier (no pun intended) et de nombreux artistes ont avoué que recevoir une fellation était tout à fait acceptable et somme toute pas désagréable.

Bien entendu, hors de question de rendre la pareille aux femmes, et les bow cats (hommes pratiquant le cunnilingus) sont considérés comme des rebuts de la société. Il faut se tourner vers les femmes DJs pour entendre un autre son de cloche. Avant qu’elle ne quitte le milieu pour se consacrer à la religion, Lady Saw nous apprenait dans « 2 man » que, puisque son mari lui refusait des cunnilingus, elle s’était pris un amant. Plus récemment, Ishawna a défrayé la chronique en reprenant le très sérieux « Equal rights » de Peter Tosh afin de réclamer que les faveurs buccales soient donnant-donnant. Ce morceau n’aura pas manqué de provoquer des réactions, parfois violentes, de la part d’hommes peu enclins à changer d’avis sur le sujet. Pourquoi ont-ils un problème avec cette pratique ? Est-ce la perte – en apparence – de leur position dominante. Se retrouver littéralement « sous » une femme menacerait-il leur masculinité de façon inacceptable ? On serait en droit de se poser la question.

Dans la dancehall, le sexe demeure un acte d’une violence incroyable où les hommes occupent une position de domination non seulement physique mais aussi psychologique. Le cunnilingus est le premier exemple d’une longue liste qui inclut tout ce qui pourrait toucher de près ou de loin la vision que les Jamaïcains se font de ce que se doit d’être un homme, un vrai.

Lors d’un concert, Aidonia s’est interrompu en plein set avant de s’éloigner d’un couple. Pourquoi ? Parce qu’il n’approuvait pas de leur façon de danser ; les malheureux semblaient mimer un cunnilingus. Cette situation qui ne le regardait aucunement a tant et si bien perturbé le chanteur qu’il s’est senti obligé de faire une réflexion au public. Vous avez dit extrême ?

Autre exemple récent, lors de mon dernier séjour dans ma belle-famille, j’ai appris que les jeunes refusent qu’on emploie le terme « guys » pour parler d’un groupe d’hommes parce que cela ressemblerait trop au mot « gays ». Une simple proximité phonétique mettrait littéralement en péril l’image qu’ils se font d’eux-mêmes. Dramatique.

Remettons les choses en contexte. L’homosexualité est encore illégale en Jamaïque, donnant lieu à une incroyable persécution. De nombreuses chansons prêchent une mise à mort sans sommation. Toute ce pourrait sous-entendre qu’un homme n’est pas un mâle alpha, dominant, irrévocablement masculin, est tabou et être homosexuel serait faire le choix de renoncer à sa masculinité. Cette fragilité constante m’amène à penser que les Jamaicains vivent dans une crainte quasi constante de voir leur masculinité révoquée ou remise en question.

Il serait tentant de supposer que c’est un vestige d’une l’époque révolue où les hommes noirs n’étaient pas considérés comme des hommes ; qu’il ne leur était pas permis de devenir des pères, des maris, une vie à devoir baisser les yeux. Alors est-ce parce qu’aujourd’hui, en mesure de s’affirmer, ils le font jusqu’à la caricature ? Il ne s’agit pas ici de blâmer l’esclavage pour tous les travers de nos sociétés, j’essaye plutôt de trouver une origine à un comportement que je trouve néfaste et il me semble que souvent certaines idées ne perdurent que parce qu’elles elles servent d’excuse à de mauvaises habitudes que l’on trouverait trop dures à perdre. Mais est-ce que l’on peut continuer à laisser un passé, même douloureux, continuer de nous définir ad vitam ?

The hard knock life

« Ah who seh me dun », Cutty Ranks
« Trigger finger », Dexta Daps
« 14 caawna », Vershon
« Stay so », Busy Signal
« Good day », Spragga Benz
« Showdown », Major Mackerel
« Chi chi man », T.O.K.
« Gash dem », Chuck Fender
« Death row », Bugle
« Loyal yute », Demarco

Il y a ici deux angles de lecture : soit on y voit la métaphore d’un meurtre lyrical – menaces à peine voilées – propres aux battles d’improvisation, soit on arrête de se voiler la face parce qu’on sait tous que Kingston est l’une des villes où l’on entend le plus de coups de feu à la minute dans le monde.

Dans les deux cas, il s’agit de encore démonstrations de virilité ultraviolentes ; cerveaux explosés, corps mutilés ou éventrés sont monnaie courante. Et pourtant rien de tout cela n’empêche des chansons comme « Stay so » de Busy Signal – un morceau où le chanteur se vante de pouvoir commanditer des exécution d’un simple coup de fil – de passer à la radio quasiment toutes les heures sur nos radios locales. Les inratables coups de feu qui parsèment le morceau n’auront mis la puce à l’oreille de personne… les programmateurs ne comprennent-ils vraiment rien ou est-ce une volonté de faire la sourde oreille ? Est-ce le fameux ibonkonsaisme qu’il nous faut accuser ? Mais puisque le riddim nous le donne bien, on danse.

Qui a déjà entendu parler de « l’effet Sun FM » ? Non ? Personne ? C’est normal… c’est l’expression que mes ami.e.s et moi utilisions au collège pour expliquer le succès de chansons même médiocres sur les ondes grâce au matraquage exercé par la radio du même nom. L’effet Sun FM est toujours d’actualité et continue de démontrer que l’importation culturelle reste une démarche de « laisser faire » généralisé.

A mes récriminations, l’on me répond souvent que ce n’est pas bien grave puisque « personne ne comprend vraiment les paroles » et en effet… le tollé provoqué par la comédie musicale Notre-Dame de Paris qui a osé faire référence à Lucifer dans l’un de ses couplets me revient souvent en mémoire. Allez comprendre…

Et pour ceux suffisamment versés dans le monde de la dancehall, l’on normalise l’idée toxique qu’un homme n’obtient le respect que par la violence. Or à ma connaissance, Busy Signal, Vershon ou Dexta Daps n’ont jamais tué personne… Etre un artiste de dancehall reviendrait-il à cultiver une aura de gangster ?

Le problème est que la violence endémique en Jamaïque est bien réelle. Glamouriser cette violence dans la promesse d’un meilleur statut social n’est qu’un trompe l’oeil. La seule raison pour laquelle les propos homophobes occupent moins le paysage musical aujourd’hui c’est avant tout par nécessité : les artistes souhaitent s’exporter à l’international.

Heureusement le monde est en perpétuel changement et la culture dancehall ne fait pas exception. Aujourd’hui les DJ jamaicaines, encore minoritaires il y a peu, sont passées d’artistes d’arrière plan à porte-flambeau du mouvement en abordant d’autres sujets de société comme les violences conjugale ou l’inceste comme Queen Ifrica avec « Tek Yuh Hand Offa Me » ou « Daddy ». D’autres préfèrent des sujets de société comme le blanchiment de la peau ou la place des femmes dans l’univers de la musique dancehall, comme Spice dans « Black hypocrisy » et « Like a man ». D’autres encore se servent de leur musique comme d’un moyen d’exiger d’être satisfaites par leurs partenaires, comme Tifa dans « Ex-man » ou Ishawna dans « Equal rights ». Bref, servir de faire-valoir, c’est terminé.

La dancehall suit la même évolution que bien des genres musicaux avant, la chanson française, la musique pop, le R’n’B, le zouk… et bien qu’elles continuent encore parfois de véhiculer certains clichés, les discours changent progressivement. De plus en plus de chanteurs revendiquent que le nombre de partenaires qu’aurait eu leur potentiel love interest ne les inquiète pas le moins du monde comme Dexta Daps avec « 7Eleven » ou Chan Dizzy avec « Doh business ». Alkaline nous parle dans plusieurs de ses chansons de femmes aux pratiques sexuelles très libérées, comme dans « F- you », voire de femmes bisexuelles dans « Things take time ». Certains artistes prônent même la monogamie comme Aidonia avec « The only one ».  

Et tout cela c’est grâce à ces femmes qui se sont invitées dans l’univers très masculin de la dancehall. Je doute que la dancehall arrête un jour d’être totalement problématique mais j’ai bon espoir qu’elle devienne un peu moins toxique. Quant aux miens, tout ce que je nous souhaite c’est que l’on soit plus attentifs aux véhicules culturels auxquels l’on accorde un droit de cité.

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